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F. S. Ndzomga / résidence - 2


Avec le temps tu perds ton contenu au profit de l’eau, ce tout-autour, 
ce dans quoi tu trempes. 
 inachevé 010
eau du mur

la résidence
Il faut marcher

I

Il faut marcher pour découvrir jusqu’où coule la rivière, jusqu’où elle peut aller et ce qu’elle transporte dans son flanc érodé par le temps, et qui prend des formes effrayantes, quelques visages traumatisants de l’enfance et quelques morts. La rivière ne coule plus simplement au milieu du village, comme jadis ; elle ne transporte plus seulement des détritus bien choisis par exercice de son libre-arbitre. Dans un sens, la rivière étouffe maintenant, s’urbanise. 

II

Tu entres dans le week-end comme on entre dans un gouffre, un cimetière vivant, une cathédrale de fantasmagories. Sur les murs, tu trouves encore quelques traces d’une œuvre de Michel-Ange, une fresque bicolore qui laisse transparaître les coups de pinceau et le mélange des couleurs. La signature de l’artiste est sur un coin de mur décrépi, son nom et sa vie séparés par une lézarde qui s’est glissée là cinq fois de suite. 

III

En quête d’images de la ville, de profondeur, ce quelque chose qui s’énonce simplement et reflète si bien la vie. Quelques moments par le passé furent révélations, à force de ratures, à force de retourner le paysage dans tous les sens, à force de mercredi après-midi autour d’une table lisse et d’un silence qui donnait envie d’aller chercher le mot au fond de soi, à force d’écouter S. parler de Reverdy de quelques-uns de ses poèmes, un chemin tournant je crois bien, Cheng aussi, beaucoup de Cheng. Le simple n’a jamais surgi qu’à force de se laisser aller prendre la route, aller voir la Kadey, prendre quelques photos, vivre.

IV

Dans la nuit, il y a ce qui te rend triste : que l’autre ait vu cette main levée sans pour autant y prêter attention, ce qu’il y a tout autour, le périphérique, le superflu. Le périphérique fuit, s’efface, et le reste de la soirée n’est que jeu de dés et espoir d’un pardon total.

  © Franck Stéphane Ndzomga, 2016
  blog de Ndzomga :  Camisole et mots
  illustration : Kmo
  Des résidences d'écriture numérique, webassociation des auteurs

1 commentaire:

  1. du Cheng, pas tant que ça, quelques cantos toscans quand nous "planchions" sur le paysage

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