a

notes à propos d'un paysage (10)

C'est nous qui parle, le nous de soi, non lui qui n'a rien à dire ou son pendant « nature », elle appelée liber ou quoi, telle une chose et qu'on abîme en la rasant de près pour la fabrique du papier de nos romans publicitaires, salons de l'écrit sur son dos. Avons déchevelé la nuit. 

Nos villes d'ici sont des forêts (chacune morcellement d'Elle), l'étrange passant ne s'y retrouve pas, il erre et nous rejoint par là, c'est le nouvel urbain loin des tracés antiques ─ qu'on nomme jungle comme tout ce qui n'est pas loi : l'hors, le dissemblable ─ il y a bien des voies, rectilignages, perpendiculations, carrefours d'unification, hiltoniennes bâtisses, d'une forme héritée des empires défunts, mais les pistes touffuses ont reparues et l'arrière des cases, les orées, leur confusion, résidentiel sauvage au bord d'une mer terreuse qu'un bâton ne fend pas, les prophètes y surnagent, c'est marché tous les jours, double rang de boutiques. 

Énoncer qu'ils sont personnages et ce serait facile, littéraire, on se taperait un petit discours à l'institut français, elle elle figurerait la femme sibylle mère mais sans tendresse, pas amante, sorcière, les deux beau jeu de masques, et lui l'incarnation d'un père qui éternellement n'a jamais été là, un père pourricier, pourtant c'est nous qui pourrissons avec nos mains qui jettent et notre regard froid étant d'eux qui nous voient le paysage dévasté. Ou écrire des poèmes d'université en forme de sentences et de définitions, des textes juvéniles emphasés du je-thème sous un sujet merdeux.

2 commentaires:

  1. père pourrissier... une invention qui frappe.

    nous n'avons effectivement que choses-paysages à gâcher.

    RépondreSupprimer