a

Ma vie au village - 21

Refrains de chants à penser sous la peau, à faire, une filaire dans la cornée, j' aurai passé des heures enfauteuillé à regarder l'entour de cette prison semblant des barres de ville n'étant le végétal et son grouillement particulier, sa façade habile à déjouer le temps, ayant patience d'ovins qui broutent pour écouter la chute des sons clairs, calculer la distance jusqu'où ça va derrière parce que sinon l'on devient fou et parfois se rendre au tournant desserrer l'étreinte (en ville il y a des cafés).

La musique ici n'est pas seulement qu'oiseaux d'elle ou les hochets d'insectes ni seulement le vent, mais quelque chose de météorologique dans le battement, pouls d'assis que nous sommes, un silence qui descend dans le sang comme nuage lourd surtout le soir quand on mesure l'épaisseur de l'air alors que rien ne se tait vraiment, qu'il y a les coqs arythmiques, qu'il y a les chiens, le pilon, des prières ou des pas sur la route, qu'on laisse un peu de place en soi à son inhumaine proximité, qu'on l'hume, la sent elle qui fut bien avant peut-être le cœur de la terre et qu'aussi par l'oreille on s'immisce en ses veines, l'entendre est la musique, notre enlacement.

Incisions sur bâton de bois comme on nous vaccine le dos près des reins, le torse entre les seins, qu'imprègne la sueur des paumes et qu'on frotte en saccades, rainures de la boue sèche quand sont vidés les marigots, des coches qu'un bout de fer frictionne, c'est le fond sur lequel tombent les gouttes d'eau, les saisons s'entremêlent, on voudrait retrouver par là l'esprit de la musique l'obliger à jaillir des sillons, on pense que notre obsession l'attire alors qu'il vit secrètement en elle sans avoir de besoin et donc il est faux de dire que nous l'inventâmes, ce bâton on le cire en cadence mais plus guère qu'à l'office, au village aujourd'hui avons une fanfare, sonnerie pour une libellule défunte.



1 commentaire:

  1. Réveil en fanfare... la musique, langage universel, les libellules l'entendent aussi.

    RépondreSupprimer