a

Lignages - 12

Je me cache autant que tu fuis
Avec l’idée d’être né de moi
Il y a longtemps, hors du langage,
De la férocité,    
Hors avant l’invention des villes,
Des fanfares et du sang,
Pas de souvenir d’expulsion,
De la jetée, du passage,
Il n’est aucun lieu traversé,
Tous deux nous nous absentons.
— Tu m’en veux.
Dire n’aimer pas la mer trop large
Et que je suis loin,
Ce n’est pas ça, un voile entre nous,
Des images,
C’est ton personnage qui joue
L’attente près des portes
S’inclinant.

Tu vas où tu ne sais,
Comme en ce temps
Conduit par l’obligation de vivre
Tu allais sachant ne sachant
Si le jour en vaut la peine,
Peut-être déjà pensant
Qu’à cet âge aussi bien
Tu pourrais ne rien faire,
Être là simplement
Sous les arbres
Près de l’eau,
Mais tu mens.

N’a souvenir des nuées
Ni du vent, ni des mots
Qu’on disait de toi
— Leurs mots
Dans un endroit très vague —
Et de pas même un peu de vérité,
De chaleur, qui l’eussent atteint.
C’est contre cela qu’il fuit,
Le devoir signer son pauvre nom d’ennui,
Écrire la date au dos de rien
— Il avait choisi les dessins sans doute
C’est ainsi que passe la route,
Toi, tu es son berger.

Un jour il s’en irait loin de ta face
Comme tu l’avais poussé hors de toi,
Séparé, il entrerait dans la colère,
Cherchant contre qui lutter,
Contre qui plaire. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire