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Ma vie au village - 13

Aussi me suis-je plongé dans les grillonnements, les grillonnages, tous bruits d'insectes raturant la nuit, l'oreille aux effraies qui nichent sous mon toit, pesantes sur les plaques quand elles expulsent des squelettes, leurs ongles contre le bois, et je fais l'inventaire des os de souris, ce qui restera des textes de moi arrachés à la fausse lumière du clavier. A côté, sur une page d'écorce, je note la question pourquoi sommes-nous si malheureux tandis que floque du plafond la salive du ciel, gouttes de vieille poussière mêlée aux sucs des fougères, au pissat des cafards, figures pour chiromancienne, et plutôt que répondre je ne sais pas, j'écris évidemment           on lirait ce livre comme              une sorte de           ou la poésie m'exaspère. Je cherche qui ou quoi dans sa voûte cavité d'elle à demeurer longtemps les yeux levés juste au-dessus devant entre l'angle et la fenêtre quand personne ne passe comme si l'intérieur de moi n'était pas à sa place, un point plotinien de l'espace, un lieu que je reconnais, et pourtant je pense des phrases vaines mais chantantes : j'ai des soubresauts quand tu m'assassines. Dans le verbe est la résolution de tout, peut-être suis-je là parce que tu parles étant depuis le commencement, ayant vu l'acte de dire du principe, perçu son souffle dans tes branches et que tu parles, parles, tu parles te taisant, tu parles et ça s'étire à travers les âges, un mot jamais entendu vraiment, un mot faisant ce qu'est l'homme hors cette violence du sang. A la table j'écoute ce qui borbore en toi et sur ce chemin, que de roues dirait quelqu'un, roues qui se précipitent vers l'à suivre incertain.

3 commentaires:

  1. le poète ..partagé entre la perception aigüe de l'épaisseur divine du silence et la vanité d'en alléger l'étoupe

    c'est très beau

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  2. des chemins qui mènent quelque part, de jour ou de nuit...

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    1. traverser les limbes pour atteindre ce quelque part

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