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Ma vie au village - 10

Respire l'écart, avant d'être encendré; remise le psychomètre; il faudrait fuir par les côtés dans le sein d'elle, aller loin (seul tu ne peux), trouver une clairière, s'éloigner de l'entaille par où le bois s'écoule mais ne bougeons de la poussière, engravés, et tout file sans nous. Étant là sur le bord sanglant, n'ai plus de vision, plus d'image sinon la couleur phtisique d'une terre qui brésille, fringue un temps sous les roues folle quand le sang passe, monte en nappe, pouldroie peau, cheveux, nous ternie, retombe avec le froid soudain. On s'affaire au fagot, au tison dans les pierres, on boutique du cube et un peu de pétrole, se mouvant au travers du voile entre les cases, le pas sûr quand même parce qu'on connaît la sente férie par nos pieds. C'est la nuit; mangerons du sable et la farine, mais pour moi seulement des mots dans la steppe lugubre de l'écrit. J'ai le silence sec, le bic gercé sur la page, le vent charrie sa saison d'enfumage, ses propres terres noircies, le vent porte ses mondes avec lui, la désolation des strates, des lotus tachés de plastique et traverse le rien que nous sommes, qui suis quand j'expectore l'ennui par la bouche et la main. Derrière, le rideau noir immeuble d'elle, le rideau de l'autre côté, entre, la plaie longue fistule, ses rivages où rougeoient des yeux d'ombres rapetissées, peu de sons, juste d'inquiets murmures, je ferme la porte bleue, j'attends.

2 commentaires:

  1. heureux celui qui s'ennuie...il a le temps pour lui faire des rêves et des mots

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    1. merci Anna pour l'énoncé de cette béatitude

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