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Sigillature

A Bologne, en Italie, se répand certains jours et à certaines heures un parfum de rose damascène, celle qu'on nomme la Rosa Turca. Un bloc-notes de poésie porte aussi ce nom qui signe quelques poèmes distillés avec minutie. C'est en passant par Sigillature, une gallerie de photographies, que je suis arrivé là. J'étais intrigué, non par les images en soi, mais parce qu'elles m'apparaissaient comme les signes d'une recherche liée au temps, au silence, à la lumière, quête d'un "quelque chose" existant depuis toujours. Est-il possible d'en dire un mot ?


La cosa più difficile da dire
“Ci sono cose per me che si assomigliano, che deriverebbero da una comune necessità: leggere come scrivere come guardare.”
La cosa più difficile è quella di toccare la propria voce oltre il costrutto dei pensieri, delle visioni del mondo. Oltre le pose che abbiamo di noi. Ho riscritto varie volte quello che sto cercando di dire. Raggiungere la materialità di un segno – un indizio che significa restando intraducibile nel suo mistero. E si àncora là. Coprire la distanza fra le sabbie e la distesa del mare e il cielo e tutto intorno le dune che chiudono l'orizzonte, ma senza realizzare nello sguardo nessuna saldatura.

Rintracciare la propria voce è anche perdere la lingua mentre proviamo le parole per attraversare questo sguardo sbarrato – questo sgombero favoloso. 

Scrivo da sempre, con gli occhi chiusi.

Bologna. 7 settembre 2014

La chose la plus difficile à dire 
“Il y a des choses, d'après moi, qui se ressemblent et qui dérivent d'une même nécessité: lire comme écrire, comme regarder.”
La chose la plus difficile est celle de toucher sa propre voix au-delà de la tournure des pensées, des visions du monde. Au-delà de nos postures. J'ai écrit plusieurs fois ce que je suis en train de dire : atteindre la matérialité d'un signe – un indice qui signifie et qui reste intraduisible, ancré dans son mystère. Couvrir la distance entre les sables et l'étendue (ou la nappe) de la mer et le ciel et tout autour les dunes qui ferment l'horizon, sans qu'il y ait aucune soudure dans le regard.

Retrouver les traces de sa propre voix c'est aussi perdre  la langue au moment où nous essayons les mots pour traverser ce regard barré – ce déblayage fabuleux. 

Depuis toujours, j'écris les yeux fermés. 

Traduction : Francesca Caggiano




Lo scritto del mare

Un profumo di verde

Un profumo di verde
nell’ora della sera
giunge dal filo d’erba
sorpreso
fra due stagioni
nel suo rigenerare.

Bologna. 6 – 24 settembre 2014

Textes et photographies de Rosaturca



Journal d'Adriatique



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