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Ma vie au village - 85

Des cafards crevés, fruits (secs) de l'absence (de moi). déverbage de pluie. le carrelage de l'ennui frotté au savon noir. Puis l'interrogation que t'auras tout manqué peut-être. les amours infernales. de n'avoir pas assez marché. pas vu sur l'eau des vitres les reflets qu'ensuite longtemps tu peux pister avec un sentiment intérieur à la peau. que cette brutalité te sortait du mensonge, de le destin commun d'une couenne universelle. mais les autres aussi. non. adeptes du rut contractuel et de l'infidélité, du sexe réglé par un serment. Jurons contre la nuit, l'allergie de, la lune, les chiens. la prose statique.

Matin de chasse au rat ou d'un porc évadé, tu penses à ses yeux qui deviennent humains.

La ville là-bas est faite de la glose des pas, d'un urbanisme de l'intime, des multiples socialités, l'au jour le jour des traces dans la rigole et la chair des marchants, une autre mémoire. Où tu mets le pied, la main, la place encore du feu. Hors la ligne. Dedans, c'est pour la nuit et la multiple ombre diurne. Cependant il faut penser le tout-à-l’égout. Au pourtour du centre (où les Pouvoirs) ce n'est pas de fabrique et non plus comme on dit que ça s'agglutine mais on s'arrête sur la position de l'instant, au surplomb du temps, aussi prenant la part que nous laisse l'invisible Puissance qui a remplacé le vieux dieu. 

Poème d'amour et de Pygmésie intérieure (3)


et la mer était
tout le temps là
dans tes cheveux

en ruisseau le long
des filets verts
au creux

des mains qui halaient
le poisson et le cœur
en nous

d'un matin
goût citron
couleur de chair sanguine

puis une auto
nous emmenait
faire le marché

puiser le vent
sur la terrasse
chez Thérèse

jusqu'à pas d'heure
où rentrer dormir
se laver

et cueillir le sel de la nuit

Publié initialement sur le site Les Cosaques des Frontières

et
pour marquer en musique le retour au village :



King Child is Quentin Hoogaert and Jean Prat 
https://www.facebook.com/kingchildofficial/

Poème d'amour et de Pygmésie intérieure (2)


plage - littoral Cameroun















nous avons fui les chutes
où se noient des touristes
pour une piste verte
malgré la saison
tu trouvais ça joli
passé le port marchand
et les alignements
d'un village idéal

la mer par moment
peut-être étions loin d'elle
la voici là pourtant
après le vieux pressoir
toujours aller devant
puis s'arrêter enfin et
qu'importe où nous sommes

plus clair que ta peau
le sable ventre d'oiseau
sous les arbres qui penchent
aucun bruit de ciel
ni d'eau à l'écart
dans le secret

l'horizon nous sépare
une chose inhumaine
un rien moins que l'écume
ou la forêt derrière
comme un tombeau

allons nous asseoir
sur la branche
près des éléphants
qui sommeillent

eux se souviendront
de nous du rêve
d'être ainsi

couchés dans le silence
à l'ombre

d'un chapeau



texte initialement publié sur Les Cosaques des Frontières

Poème d'amour et de Pygmésie intérieure


rochers et filets









revisser la formule
des pièces emportées
par les cargos de nuit
qu'aux dos d'elles l'on note
des provenances imaginaires
villes penchées sur l'eau
ou
pays des caresses
et de la fantaisie

en quittant les rochers
ceints de cordages bleus
de grises effiloches
passant le bois flotté
remonter le chemin
devant notre maison
celle qu'avons rêvée
quand il fallait partir

ne sommes pas allé
jusqu'à Rio Campo
mais ce n'était pas loin



initialement publié sur Les Cosaques des Frontières
lu par Éric Schulthess  CarnetdeMarseille 
 

Saison de verre 9


Hier il a campé une troupe de hérons
Sur les premières branches.
Semblable à de la neige.
Non loin d’ici, devant,
Comme les sapins des pays blancs
Les chestnut dioon étaient couverts
De filandre soyeuse, d’un tissage savant
D’étoffe et de rosée

Il y avait cette présence, ce quelqu’un,
Mais où ?
Dans les toiles d’araignes
Qui semblaient des voiliers sur la mer des arbres
Dans les senteurs de cire et de frangipanier ?
Cette odeur du matin
De gens debout devant les portes


Brouillons retrouvés
supplément au Journal de la brousse endormie